Podcast – épisode 7 : Diane Dupré La Tour et Bertrand Vial, une petite cantine pour (re)créer du lien

22/06/2026
Enregistrement podcast Marie Hertzog

 

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Cofondatrice des Petites Cantines, Diane Dupré La Tour met la rencontre et la confiance au cœur de son projet et de toutes ses actions. À ses côtés, Bertrand Vial, cofondateur des Petites Cantines du Forez à Montbrison, incarne cet état d’esprit sur le terrain. Ensemble, ils accueillent Marie Hertzog, directrice des risques et de la conformité du Crédit Agricole Centre-est, pour parler de ce qui les met en mouvement et partager leur vision d’une société fondée sur les relations humaines.

Découvrez le nouvel épisode du podcast "Ensemble, façonnons demain"

Notre podcast commence à Villeurbanne, rue Jubin, devant la vitrine des Petites Cantines. Un restaurant pas tout à fait comme les autres. Ici, on ne vient pas seulement manger en bonne compagnie. Aux Petites Cantines, on vient vivre une expérience sociale : cuisiner avec des personnes que l’on ne connaît pas, s’installer à table à leurs côtés, échanger, créer du lien. Une grand-mère, un étudiant, un cadre, un voyageur… Toutes les générations et tous les parcours de vie se croisent.

 

À l’intérieur, les habitants du quartier ou les étrangers de passage accueillent et cuisinent. Dans cette ambiance chaleureuse, Marie Hertzog et Diane Dupré La Tour font un tour dans cette cuisine en pleine activité. Quelques minutes plus tard, elles s’installent à l’étage, à l’abri de l’agitation, pour discuter plus en profondeur de ce beau projet des Petites Cantines.

Une reconversion

Les Petites Cantines sont nées en 2016 de la rencontre entre Diane Dupré La Tour et Étienne Thouvenot. Ensemble, ils souhaitent lancer un projet qui transforme la société.

 

Pour Diane, l’origine du projet est profondément intime. Après un accident de vie, elle traverse une période difficile. Dans ce moment, elle bénéficie de la force du soutien de proximité : voisins, habitants du quartier, petites attentions du quotidien. Face à l’épreuve qu’elle traverse, un choix s’impose à elle : se replier ou porter son regard sur ces gestes simples qui lui font du bien. En choisissant la seconde voie, elle découvre la puissance des relations humaines et petit à petit, cette évidence s’impose : c’est ce lien qu’elle souhaite cultiver, en faire un projet de vie.

La confiance comme moteur

Au cœur de la démarche des Petites Cantines, la confiance est un levier essentiel. Pour Diane, la confiance est « un pari sur la valeur de la relation ». La valeur ne réside pas uniquement dans un produit ou un service, mais dans la qualité des liens que l’on tisse. Elle rappelle que nous sommes tous issus d’une relation. Et à l’origine de toute création de valeur, il y a cette dimension relationnelle souvent oubliée. Dans un monde en mutation, elle évoque un basculement : d’une économie des grandeurs vers une économie des relations.

 

Marie Hertzog fait écho à cette vision en partageant un texte de Christian Bobin, autour de la confiance, décrite comme une capacité à aller vers l’inconnu « comme si on le reconnaissait » (Bobin-Boubat, Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, Paris, Gallimard, Albums Beaux Livres, 1996, 112 p.). Une manière de dire que la confiance ouvre des possibles.

Un projet qui grandit

Aujourd’hui, le réseau des Petites Cantines compte près d’une vingtaine de lieux en France. Une croissance significative dans un secteur de la restauration pourtant exigeant. Mais l’ambition est de faire grandir le modèle sans alourdir la structure, de diffuser une manière de faire plutôt qu’imposer un format.

 

Pour cela, les Petites Cantines développent plusieurs activités :

 

  • des restaurants ouverts aux habitants,
  • un incubateur (« À table ») pour accompagner les porteurs de projets,
  • des formations.

Le prix libre

Bertrand Vial a ouvert une Petite Cantine à Montbrison début 2026, avec un collectif d’habitants. Pour lui, tout se joue sur le territoire. Ce sont les habitants qui savent ce dont ils ont besoin et qui font vivre le lieu au quotidien.

 

Aux Petites Cantines, chacun peut participer, cuisiner, manger, rencontrer. Le principe du prix libre joue un rôle clé : il permet à chacun de venir et surtout de revenir, quelles que soient ses ressources. Le modèle repose aussi sur les réservations des entreprises, qui permettent de soutenir l’ouverture au public qui bénéficie du prix libre.

 

Une journée type aux Petites Cantines commence tôt. Avec un moment de calme, puis les cuisiniers arrivent. On se présente, on prépare le repas, on s’organise. À midi, les premiers convives s’installent. Les tables sont partagées. On oriente, on met en relation, on crée les conditions de la rencontre. Et très souvent, la magie opère. Des échanges inattendus naissent, des liens se créent naturellement.

 

Pour Diane comme pour Bertrand, les Petites Cantines sont bien plus que des lieux de restauration. Elles participent à construire un récit positif. Un récit où l’on valorise ce qui fonctionne, où l’on célèbre le faire ensemble, où chacun peut contribuer.

 

Un projet qui transforme aussi celles et ceux qui s’y engagent. Parce qu’en se transformant soi-même, on transforme aussi ce qui nous entoure.

 

 

 

Bonne écoute !

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